31 juillet 2008
Yosemite National Park, la balade
Le temps de la balade est enfin arrivé, on est avec Thomas sacrément excité à cette idée. Hélène, à qui l’idée même de marcher pour marcher donne des boutons, ne nous accompagnera pas mais restera se reposer à l’hôtel, piscine et fast food en sus. Et bah bravo, lui direz vous. Toujours est il qu’à 8h, nous sommes tous les deux sur le pied de guerre, baskets enfilés, sandwichs faits, 1,5l d’eau dans chaque sac, et motivation à bloc. On quitte donc hélène qui vous racontera sa journée plus tard.
Il est malheureusement déjà 10h quand nous commençons à marcher, mais enfin on est prêt à rattraper le temps perdu. Objectif un lac sur les hauteurs du parc, 1200 m de dénivelé et 8 miles (13km) à parcourir avant le déjeuner. Les premiers miles se font sans problème, on assouvit notre besoin de marche ave un plaisir non dissimulé. Peu de pauses et un rythme soutenu, Thomas quelques mètres devant, on marche au même rythme, ce qui est assez plaisant.
Arrivé 13h, il commence à faire faim, mais nous ne voulons pas nous arrêter avant le lac, qui commence à tarder à apparaître à notre gout. Les jambes commencent à se faire un peu lourdes, mais tant pis. On y arrivera finalement à 14h, mais pas au lac prévu, qu’on a du rater après débriefing, mais 2 miles plus loin (quand on se disait que ça commençait à faire loin, soit à 16km de notre point de départ. Le déjeuner nous sert surtout à reposer les jambes, qui se demandent bien comment elles vont nous porter sur la route du retour. On se rend assez vite compte que nos 3l d’eau risquent de ne pas suffire, et sous le soleil qui tape, il serait assez peu pertinent de rester là haut. Il est donc 15h quand nous décidons de repartir, toujours motivés, mais déjà sacrément amochés physiquement.
On va descendre pendant 3h20, longue descente pour 4h de montée me direz vous, et vous aurez raison. Mais bon, il faut croire qu’on avait mal là. Un arrêt à la cascade à mi chemin pour boire un coup et fumer une cigarette (sportifs les mecs…) ; et on est finalement de retour à la voiture à 18h30.
La descente nous a permis d’apercevoir un ours qui s’est enfui bien vite à notre arrivée ; on est un peu déçu de ne pas pouvoir engager un free fight avec lui, histoire d’avoir des vrais trucs à raconter, mais bon tant pis, c’est pas plus mal pour nos pauvres jambes qui ont maintenant bien du mal à nous porter. Le retour au motel se fera en somnolant pour moi, alors que Thomas est encore vaillant au volant (mieux ça que l’inverse, je vous l’accorde). La journée aura été belle.
30 juillet 2008
Yosemite National Park
Aujourd’hui, nous avons rendez vous avec Yosemite National Park, qui est un des plus beaux endroits pour faire de la rando selon le guide. Plutot contents d’aller y faire un tour, donc. De Bishop, notre lieu de vilégiature, il faut compter une heure de route, et encore 20 dollars pour rentrer dans le parc. On les paie avec plaisir.
On arrive bientôt au petit village qui rassemble le grocery store, visitor center et grill. On y fait quelques emplettes pour le déjeuner, ainsi qu’une carte ign avec chemins et dénivelés. L’atmosphère est à la rando, avec des grappes de marcheurs sur le départ, sac au dos et chaussures de montagnes au pied. C’est assez plaisant de trouver cette ambiance, au moins pour Thomas et moi qui affectionnons la montagne. On part déjeuner au bord d‘un petit lac qui s’avère être un endroit assez splendide, avec le clapotis de l’eau et la brise des hauteurs.
Une fois restauré avec un de nos éternels pic nics – on commence à sévèrement saturer de manger la même chose -, il est temps de rouler pour aller admirer les panoramas du parc. On passera donc 2 heures sur la route à observer ce magnifique parc, d’immenses forêts de sapins, des rochers incroyables, et de vastes et paisibles lacs. On est séduit. Le passage à Glacier Point, butte culminante du parc, nous laisse un panorama splendide, malgré les feux de forêts voisins qui laissent traîner une fumée blanche sur tout un pan de la vallée. C’est désolant de savoir tous ces hectares de si beaux paysages s’évaporer comme ça.
On redescent finalement de Glacier Point, pour se diriger vers les séquoias géants de Yosemite. 2000 ans d’âge (sic !) pour ces arbres dont certains font plus de 6m de diamètre. Impressionnant, vraiment. Il est déjà tard dans l’après midi, on fait route vers Fresno, à 70 miles du parc, qui sera notre camps de base pour notre balade du lendemain.
29 juillet 2008
Death Valley, Californie
Nous partons aujourd’hui pour la Californie en passant par la célèbre Vallée de la Mort… nous quittons Vegas vers 11h, et de peur de ne trouver aucun supermarché dans la Vallée ( !), nous achetons sandwichs et salades au Subway que l’on mangera sur une aire de repos à l’entrée de la Vallée vers 13h, dans des conditions encore une fois folkloriques ! Aujourd’hui, ce ne sont pas les insectes, les jets d’eau, le caniar ni les ratons laveurs qui perturbent notre repas, mais un vent chaud très puissant qui nous empêche d’attraper notre nourriture… Thomas est celui qui en a le plus souffert : il mangeait une salade…
Nous reprenons ensuite la voiture pour nous engager dans la Vallée. Nous nous retrouvons en plein désert : les montagnes nous offrent un paysage aride, sans aucune végétation.
118 degrés F.... on est monté jusqu'à 122, Soit 50 degrés C tout juste

La voiture nous indique alors qu’il fait 50 degrés dehors, ce que nous expérimentons personnellement, en allant prendre l’air sur un point de vue : au bout de dix minutes dehors, nous commençons à nous sentir mal (petite pensée pour les pionniers américains qui, au XIXe siècle, ont traversé la Vallée à pied !).
La voiture s’est également sentie mal en court de route, elle avait du mal à avancer à cause du moteur qui se réchauffait à vue de nez… mais elle ne nous a pas fait faux bond, et nous sommes arrivés à l’autre bout de la Vallée vers 17h. Nous n’avons jamais eu si chaud auparavant.. expérience à tenter pour relativiser les chaleurs estivales en France !
Nous arrivons au motel vers 19h, dans un « Confort Inn » cette fois !
28 juillet 2008
Las Vegas, Nevada
Comme prévu, les « incontournables » de notre voyage s’intensifient dans l’Ouest : après Monument Valley et le Grand Canyon, notre destination d’aujourd’hui fait également partie des sites les plus visités des Etats-Unis : Las Vegas… Le nom lui-même fait déjà rêver, mais nous ne savons pas encore à quoi nous attendre.
Pour atteindre le Nevada, nous devons rouler environ deux heures vers le nord-ouest. Sur notre chemin, 30 miles avant d’arriver à Las Vegas, nous remarquons une autre curiosité, moyennement connue à l’étranger quoique très célèbre aux Etats-Unis : le Hoover Dam (le barrage de Hoover). Construit en 1936, il est je crois le plus volumineux édifice de béton du monde (ou l’a été). Le problème, c’est qu’on ne peut rien en voir, car la route n’offre aucun point de vue d’ensemble.
Nous passons donc dessus sans même nous arrêter et, trop attirés par Vegas, nous enfilons les 30 dernières longueurs avec une certaine appréhension… Qu’allons-nous trouver au bout de cette route sinueuse, tracée dans la roche et perçant sur des dizaines de miles un paysage quasi lunaire ?
Parvenus en haut de la dernière colline, nous prenons une première mesure de ce qui nous attend : Las Vegas s’étend presque à perte de vue. Ce n’est pas la petite ville de « province » que nous imaginions ; avec ses quelques 1,6 millions d’habitants, elle concentre les trois quarts de la population du Nevada et peut accueillir, à l’année, plus de 35 millions de visiteurs… Un autre monstre sur notre parcours.
Mais pour nous mettre un peu en confiance, une bonne surprise nous y attend : notre motel Travel Lodge est situé à deux pas du très fameux Las Vegas Boulevard, où ont élu domicile les hôtels-casinos les plus prestigieux – rebaptisé « Strip Boulevard » pour signifier qu’on risque fortement de s’y faire plumer… La chambre est très correcte, mais nous n’y restons pas car il est 17h, ce qui nous laisse juste un peu de temps pour découvrir la ville à la lumière du jour. Petite précision : il fait 110°F au soleil… (à vos convertisseurs ! allez, on vous le dit, ça fait 43°C…)
Ce premier aperçu de la ville nous ravit. Le Strip Boulevard est un endroit surréaliste, presque comique. La plupart des casinos ont construit toute une mise en scène et une décoration sur un thème particulier : l’empire romain, Venise, Paris, New York, l’Île au trésor, etc. La juxtaposition de ces énormes ensembles de buildings sur le même boulevard crée un effet très étrange et vraiment drôle, d’autant plus que, fort de milliards de dollars d’investissement, certains promoteurs ont vraiment mis le paquet : devant le Paris-Las Vegas se dressent une Tour Eiffel et une place de l’Etoile assez authentiques, tandis que le New York-New York propose tout simplement quelques tours célèbres de Manhattan, le tout à l’échelle un tiers (c’est beaucoup !)…
Quand on n’a pas d’argent, on se doute que Las Vegas ne fait pas de cadeau… Mais nous réussissons toutefois à décrocher un « bon plan » au Treasure Island, à savoir un dîner-buffet illimité et très bon, pour 20 dollars par personne (c’est, pour nous, environ quatre fois notre budget dîner habituel !). Nous vengeons nos repas sur des tables de pic-nic en nous emplissant le ventre en trois quarts d’heure…
La ballade nocturne qui s’ensuit restera un moment fort de notre voyage. Nous visitons les casinos les plus célèbres : le Venetian, le Bellagio, le Caesar’s Palace… Ils sont immenses, démesurés, sans aucune limite. Les machines à sous s’étendent sur des centaines de mètres carrés, entourées de salles un peu moins clinquantes, plus feutrées, consacrées au poker, au black-jack, au craps, aux paris sportifs et à toutes sortes de jeux. Augustin a pour ambition de s’essayer à une partie de poker, mais nous comprenons vite que notre budget est beaucoup trop limité. Avec un investissement de départ de 65 dollars minimum, qui doit en réalité s’approcher des 100 ou 120 dollars pour se donner ne serait-ce qu’une maigre chance de participer plus d’un quart d’heure, le poker nous est presque inaccessible. A moins d’être saisi d’un de ces dangereux coups de folie, sans doutes si fréquents ici…
Que ses proches se rassurent, Augustin saura rester sage !
La suite de notre ballade nous réserve un moment très intense. A côté du Caesar’s se dresse le Bellagio, casino célèbre auprès du grand public pour deux choses : c’est là qu’a été tourné le film Ocean’s Eleven, d’une part ; mais le Bellagio est d’abord connu, à Las Vegas, pour proposer un impressionnant spectacle sur son parvis, à savoir la mise en marche, toutes les dix minutes, de ses fontaines. A notre arrivée devant le casino, c’est l’heure de pointe. Le public est nombreux – des centaines de personnes sont accoudées, comme nous, au bord de l’eau. Et chacun a pu le vérifier : la danse des fontaines du Bellagio est une merveille. Dessinant des courbes légères et harmonieuses, se balançant de gauche à droite puis tournoyant tout en alternant les hauteurs, des dizaines de jets d’eau composent un ballet féérique, sur fond d’une musique lancinante, chantée par une voix de femme qui esquisse, en quelques minutes, l’atmosphère générale de Las Vegas : la chaleur, le mouvement, le désir, la grâce parfois, le tout rythmé par des moments de démesure un peu folle… Un moment prenant, magique, loin du tape-à-l’œil clinquant et kitsch auquel on aurait pu s’attendre. Et dans l’ensemble, c’est bien cette impression que nous laisse la ville-lumière : très peu de mauvais goût, une ambiance détendue, un décor « classe », parfois très élégant et raffiné malgré des dimensions gigantesques, et, mais on pouvait s’en douter de la part des américains, sans aucun complexe ni tabou.
Une note un peu dérengeante toutefois, mais qui s’inscrit tellement naturellement dans l’esprit de la ville qu’on s’y habitue très vite : sur les trottoirs, des centaines (des milliers ?) de latinos arborent des t-shirts et distribuent des tracts donnant les numéros de téléphone des agences de call-girls. Prostituées, strip-teaseuses ?
Nous ne le saurons jamais, mais il reste que l’industrie du sexe est présente et complètement assumée. Petite scène en guise d’exemple : alors que les distributeurs de tracts envahissent toute la largeur d’un trottoir, deux policiers à vélo arrivent et sèment une légère panique parmi eux ; mais ils se remettent rapidement en fille indienne, dans le mètre de trottoir qui leur est alloué, et les policiers passent devant eux avec un mot amical et sourire aux lèvres. Ces pratiques sont donc plus que tolérées, elles font partie intégrante des rues de la ville.
Hélène va se coucher vers minuit, tandis qu’Augustin hésite toujours à s’asseoir à une table de poker. Pour patienter, nous prenons tous les deux un verre au Bellagio (12 dollars pour deux bières, pas plus cher qu’à Paris). Petite précision qui n’intéressera pas grand monde (car il faut le voir pour le croire) nous nous faisons servir tout simplement par l’une des plus belles femmes du monde. Mais l’appât du poker est plus fort (oui oui !) et, pour trouver des parties ou l’investissement pourrait être moindre, nous reprenons la voiture en direction du downtown de Las Vegas, où les casinos foisonnent également mais sont moins célèbres, plus petits, moins extravagants. Finalement, tandis que les rues et les casinos se vident, Augustin renonce, à 3 heures du matin : même dans les petits casinos, le poker est trop cher.
La tête pleine de paillettes éphémères mais grisantes, nous reprenons la route du motel, complètement éreintés mais pas ruinés !
27 juillet 2008
Grand Canyon, Arizona
Nous partons de notre hôtel miteux à Flagstaff vers 10h30. Direction : le Grand Canyon, passage obligé mais aussi mythique pour tout touriste qui visite les Etats-Unis de l’Ouest.
On s’en rend d’ailleurs vite compte : la région est très touristique et nous croisons depuis notre arrivée en Arizona un nombre impressionnant de français.
Nous arrivons au Grand Canyon vers midi, après avoir traversé quelques grands plateaux désertiques de l’Etat. Nous nous rendons d’abord à « Desert View », qui nous offre l’une des plus belles vues du site. Et là, nous sommes tous les trois bluffés par l’immensité, la profondeur et l’étendue du Grand Canyon. C’est bien plus impressionnant que toutes les photos qu’on a pu voir avant, qui ne peuvent refléter l’immensité du site… Le Colorado paraît d’ailleurs ridicule face à la grandeur du Canyon qui le cache dans ses profondeurs.
Le parc est également étendu : très boisé, il est constitué de plusieurs points de vue et du village du Grand Canyon, évidemment ultra-touristique.
Après avoir déjeuné sur une aire de repos, nous décidons (enfin, Thomas et Augustin décident !) de faire une randonnée dans le Canyon. Le principe est super, sauf pour les fainéants comme moi… Nous allons donc au « Bright Angel Trail», le sentier le plus populaire du site. Nous marcherons donc 3 miles aller-retour.
Comme pour la promenade sur les dunes de sable du Colorado, Augustin part devant, alors que Thomas m’attend, gentillement… mais cette rando est traître : on commence par descendre le long du sentier avant de remonter, alors que tout le monde sait que c’est la montée la plus difficile… Je m’arrête en court de route, déjà bien inquiète de la montée qui m’attend, alors que Thomas va rejoindre Augustin dans les profondeurs du Canyon !
Nous nous rejoignons vers 18h, et décidons ensuite d’attendre le coucher de soleil avant de quitter le site. Nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, le point de vue où nous choisissons d’aller est bondé de touristes… Et nous serons tous malchanceux : un nuage vient cacher le soleil sur le point de se coucher… nous partons déçus : entre le lever de soleil raté du Monument Valley la veille et ce coucher de soleil également raté, il faudrait qu’on arrête d’avoir ce genre d’idées à présent !
Nous dormons dans un Days Inn à Williams, à 80 miles du Grand Canyon.
26 juillet 2008
Monument Valley & Lac Powell
Après un réveil très matinal (nous quittons l’hôtel à 4h50), nous nous dirigeons vers Monument Valley qui, d’après les calculs des garçons, se situe à une soixantaine de miles, ce qui correspond à une bonne heure de voiture. Thomas et Augustin sont motivés tandis que je dors à l’arrière ! et à mon réveil, nous sommes encore sur la route, et le soleil est déjà levé… Eh oui, mauvais calcul de la durée du trajet ! Mais nous n’avons pas beaucoup de regret car le ciel est nuageux : nous n’aurions par conséquent pas pu voir les belles couleurs de la vallée à l’aube… Le site n’en reste pas moins impressionnant : d’étonnants pitons de roche rouge de 300 et 400 mètres surplombent le plateau désertique sur lequel nous nous trouvons! C’est un paysage magnifique, que l’on associe très bien aux cow-boys et les indiens…
Nous nous promenons en voiture sur la route chaotique du parc, qui nous permet d’avoir des points de vue magnifique du site. La route étant limitée à 15 miles/heure, elle laisse même le temps au conducteur d’admirer la vue !
Etant arrivés tôt au Monument Valley (7h30), nous repartons sur les coups de 10h, direction le Lac Powell, qui se trouve à la frontière entre l’Arizona et l’Utah. Dans un décor encore une fois désertique, d’énormes falaises rouges tombent dans le Lac Powell. On observe la grandeur du lac d’un point de vue, mais on ne peut pas accéder au lac qui est réservé aux bateaux… Sans trop de regret, nous nous dirigeons vers la ville d’à côté, Page, décrite par le guide du routard comme étant la « troisième petite ville la plus mignonne des Etats-Unis ». Nous n’avons toujours pas compris ce qui était mignon, sachant que la ville se résume en une rue de fast foods et de motels… Déception, encore une fois (une petite pensée pour la majestueuse ville de Chattanooga !). Après avoir déjeuné dans le parc, on fait une petite sieste dont nous avons grandement besoin !
Le barrage de Glen Canyon, qui permet l’existence du Lac Powell, est le quatrième plus grand barrage des Etats-Unis. Il est immense, vraiment (il fait 216m de haut). On a une belle vue panoramique sur le barrage du Visitor Center.
L’horloge du centre nous indique qu’il est une heure de moins que celle que nous avons… un peu perplexes, nous demandons à un membre du personnel la raison de ce changement d’heure, et sa réponse ne nous éclaire pas beaucoup : apparemment, au sein de l’Etat de l’Arizona, l’heure change selon l’endroit où nous nous situons : l’heure dans les territoires indiens diffère de celle dans les régions montagneuses… Bizarre tout ça…
On quitte le coin vers 17h pour commencer notre conquête quotidienne d’un motel convenable (selon nos critères, ça signifie que le motel doit avoir un frigo, un micro-ondes et doit offrir le petit-déjeuner) et pas trop cher… nous nous rendons vite compte qu’à Page, tous ces critères ne pourront pas être respectés… mais nous oublions que dans ces Etats de l’Ouest, il y a une grande ville tous les 200 miles… Je conduis donc jusqu’à Flagstaff pendant que les garçons somnolent…
On atterit dans un motel miteux, un « Americana Inn », avec fourmi et crasse à l’appui…
On ne peut pas être chanceux tous les jours!
25 juillet 2008
Colorado, détour par le Nouveau Mexique
Un peu de route au programme aujourd’hui, quelques 200 miles en direction de l’extrémité sud-ouest du Colorado, d’où nous pensons partir le lendemain pour Monument Valley, en Arizona. Sur le chemin, petit détour (qui s’avérera en fait assez long) : nous repassons au Nouveau-Mexique pour aller visiter les ruines d’un village aztec.
Construit au XIIe siècle après JC, le village en question était, on s’en doute, assez petit. Mais il constitue un assez bon exemple d’organisation sociale. Malheureusement, la visite est peu documentée : le livret donne de bonnes infos, mais rares, et le film projeté à la sortie mélange un peu trop pédagogie et mysticisme indien.
Quoi qu’il en soit, nous apprenons quand même des choses. La ballade au cœur des ruines produit aussi son petit effet : en passant de pièce en pièce (dont certaines ont encore leur toit, posé sur des poutres en bois vieilles de 9 siècles…), on réalise petit à petit qu’on marche sur les pas d’une des plus anciennes civilisations du continent, et que ce village, avec ses techniques de construction et d’organisation, est en quelque sorte l’aboutissement de siècles d’apprentissage de la vie sédentaire et agricole. De même, la visite de la kiva, lieu de réunions et de célébrations (qui a été reconstruite au XXe siècle pour les touristes), ne peut manquer d’imposer le respect à l’égard des rites et de la spiritualité qu’ils ont fait vivre.
Et l’on se prend, bien sûr, à comparer toute cette organisation à celle de notre civilisation occidentale. Des différences de langue, d’environnement, de techniques, certes ; mais en somme, ce genre de visite peut donner l’impression d’une grande proximité des hommes entre eux à travers les époques et les régions du monde. De bonnes mises en perspective font aussi la richesse de ce voyage…
Le retour au présent est abrupt, et assuré par une des grandes mauvaises expériences de ce séjour : le Wall Mart un vendredi soir… Nous passons presque une heure dans cet énorme supermarché, bondé dans les rayons comme aux caisses, avant de nous réfugier dans un motel où, pour la première fois depuis le début, nous dormons dans trois grands lits séparés… Très appréciable !
Mais la nuit sera assez particulière : le lendemain, lever à 4h20 pour admirer (en théorie…) le lever du soleil sur… Monument Valley !
24 juillet 2008
Colorado
Bon, on se réveille au fin fond du Colorado, où ni internet, ni notre portable ne marchent !
Direction les grandes dunes de sable de l’Etat, qui se trouvent au bord des Rocheuses… la juxtaposition des deux est étonnante ! Ces dunes, qui atteignent les 200 mètres, sont les plus hautes d’Amérique du nord. On entre dans le parc national, et on commence par marcher 15 minutes le long d’un petit sentier qui nous amène à une cascade cachée par les roches.
Après avoir déjeuné dans le parc (on a trouvé une table !), nous décidons de monter (ou devrais-je dire « escalader » en raison de la difficulté de marcher dans du sable !) les dunes de sable.
Augustin nous annonce la couleur dès le début : il marche vite et aime marcher seul ! en effet, à peine avons nous commencé à monter qu’il était déjà à mi-chemin de l’arrivée en haut des dunes… Thomas m’attendait, patiemment… Il faut dire que les conditions de marche dans le sable ne sont pas propices à faire aimer la rando à des fainéants dans mon genre… C’est assez frustrant de faire un pas en avant et de reculer d’un demi-pas à chaque fois ! J’abandonne donc à mi-chemin, offrant la possibilité à Thomas d’avancer un peu plus vite ! Les deux garçons se retrouvent vite en haut des dunes, alors que je redescends tranquillement…
C’est plus marrant de descendre que de monter !
Mais une grosse pluie vient perturber la descente de Thomas et Augustin… on se retrouve en bas, et on file au motel de la ville la plus proche : Alamosa. On n’aura pas beaucoup roulé aujourd’hui, mais cette excursion aux dunes aura valu le déplacement !
Soirée tranquille au motel, après une journée physiquement éprouvante !
23 juillet 2008
Santa Fe
D’après les centaines de pages de guide du routard épluchées par nos soins, il apparaît que Santa Fe est LA ville à voir au Nouveau Mexique, et nous sommes donc plein d’entrain pour visiter ce qui est le plus vieux bled des USA (1610, excusez du peu. Les mayflowers avaient même pas débarqué), construite par les Espagnols, qui eux sont arrivés plus tôt. On visite le palace des gouverneurs, qui nous réserve quelques belles planches explicatives sur ses 400 ans d’histoires (je vous fais le calcul des fois que vous étiez perdus), et les différentes époques de la ville.
Il fait bon ici, on est quand même à 2000m d’altitude, ce qui rend le soleil moins pénible, et on en profite pour faire un grand tour, visite d’églises à l’appui. D’innombrables vendeurs de rue qui proposent des bijoux de toute sorte, tous un peu trop ressemblant pour que ça soit artisanal, mais bon on leur accorde le bénéfice du doute… Quelques visites payantes, dont celle d’une chapelle construite sur le modèle de la sainte chapelle à Paris, dans laquelle une horrible voix off grésillante qui raconte son histoire nous empêche de l’admirer tranquillement.
Quelques rues plus tard, nous sommes rentrés à la voiture et de même qu’à Austin, on s’y sent vraiment bien, on se trouve un petit parc pour déjeuner. Ce sera celui du palais de justice, où le respect du drapeau, mais surtout le bon sens, nous empêche d’aller pisser dans les arbustes. Ouvrir une bière, l’entourer de sopalin pour ne pas qu’elle soit visible, ah c’est ça aussi les USA. Cette pause dans le parc est des plus sympathiques, jeu de cartes et sandwichs glacières à l’appui, et nous repartons cette fois pour sortir du Nouveau Mexique et se diriger vers notre prochain Etat sur la liste, le Colorado.
Entre temps nous faisons quand même une petite pause dans un village apparemment très charmant au Nouveau Mexique, Taos, et qui selon les guides vaut le détour. On y retrouve une église, trois pauvres bicoques, et un distributeur de pepsi cola. Décidément il va falloir envoyer les auteurs du Lonely Planet en stage dans notre belle France…. Ca éviterait qu’on perde notre temps. Bref.
Malheureusement la fin de journée ne nous laissera pas le loisir de découvrir plus en avant le Colorado ; le temps qu’on passe dans l’Etat et qu’on roule un peu, il sera déjà temps de s’arrêter dans un Knights Inn qui s’avère ne pas avoir de clim, ce qui annoncera une nuit des plus chaudes… Mais pas entre nous, juste chacun de son côté.
22 juillet 2008
Nouveau-Mexique
Arrivés à Albuquerque, nous décidons de visiter le musée des indiens de la tribu Pueblo, qui, en dehors, d’un immense « gift shop » qui est le passage obligé pour accéder au musée, propose de beaux panneaux et de beaux objets pour nous aider à comprendre un peu mieux cette tribu malmenée par les colons espagnols au 17 ème siècle.
Le centre d’Albuquerque nous laisse un sentiment mitigé. On y voit de belles constructions typiquement mexicaines, et un quartier qui paraît de prime abord tout à fait charmant et authentique. Pourtant on ressent assez vite l’impression que tout est léché, propret, taillé au millimètre, un peu façon Disney village. Les innombrables boutiques de souvenirs, qui apparemment ont le monopole du commerce de biens ici, nous confirment cette impression.
C’est donc un peu désabusé, et frustré dans notre recherche d’une Amérique justement un temps soit peu authentique et historique, que nous repartons, directions Santa Fe. Mais avant de reprendre la route, nous voulons prendre un téléphérique qui nous propose un panorama à 3000m d’altitude. Aussitôt dit, aussitôt monté, nous nous retrouvons pour la somme exhorbitante de 17,5$ au sommet d’un mont qui sert de pistes de ski l’hiver, avec un panorama certes sympathique, mais qui ne vaut surement pas l’investissement. Tant pis.
La route pour Santa Fe n’est pas très longue, et nous trouvons un Days Inn (nous avons désormais en notre possession la liste nationale des hotels de la chaine, autant dire notre nouvelle bible de l’hébergement) dans la banlieue de la ville.
Un passage à Wal Mart, une tête dans la piscine, et un plateau repas plus tard, nous partons avec Thomas (Hélène étant fatiguée) sur les coups de 21h dans le centre ville, pour faire connaissance avec le centre et (surtout ?) boire un verre. Une petite ballade dans le centre très calme, un cocktail horriblement cher, et quelques deux heures plus tard nous sommes de retour.








































